Champagne, SVP !

8 novembre 2012

Témoignages

– Roland Bec –

Nous vivons tous dans une bulle.
Cette bulle est faite de notre culture, notre éducation, notre vision du monde, tout cela cimenté par nos idées, nos croyances, des certitudes. Cet ensemble induit nos comportements, nos choix, nos manières d’être et de faire au quotidien. Il constitue « notre bulle ».
Chacun a sa bulle qu’il s’est patiemment construite et dans laquelle il tente de se tenir bien au chaud. Cette bulle affiche notre identité, tout du moins, celle que l’on s’est forgée ; elle est aussi une manière – certes illusoire – de se sentir protégé, mais la contrepartie est qu’elle peut nous isoler.
Selon la nature de leur contenu et de leur enveloppe, ces bulles interfèrent de mille et une manières. Il arrive régulièrement qu’elles s’attirent ou qu’elles se repoussent ; la plupart du temps, elles se tolèrent, sous réserve d’une distance de confort et de sécurité. Certaines se collent entre elles, d’autres se mélangent et de cette union naîtront de petites bulles.
Les personnes qui ont pris l’habitude d’un comportement agressif paraissent enfermées dans une sorte de pitt-bulle. D’autres, dans ce qui ressemble à une mandi-bulle, sont toujours prêtes à vous mordre.
Beaucoup d’entre nous errons dans une sorte d’inconscience, de somnolence quotidienne : isolés dans nos somnan-bulles, nos déan-bulles ou nos noctan-bulles, nous regardons le temps passer, la vie s’écouler, mais nous n’en tirons pas grand-chose. Les filets jetés dans la rivière du temps ne remontent que peu de poisson.
Il y ceux qui, dans leur tintinna-bulle, cherchent en permanence à se faire remarquer. On dirait que les dirigeants, quant à eux, se complaisent trop souvent dans une fa-bulle qu’ils ont surgonflée de prétentions et de mensonges. De nombreux scientifiques se sont endormis dans leur chambre à bulles où ils passent leur temps à rêver d’un monde meilleur.

Illustration de Jean-Luc du Verneuilh

Mais les choses ne sont pas si simples, car à l’intérieur de chaque bulle, de nombreuses autres se côtoient ; on parle plus volontiers de sphères dans ce cas. Nous essayons tant bien que mal de faire cohabiter nos sphères professionnelle et privée, les sphères familiale, amicale, relationnelle ; celles de nos passions, de nos loisirs, etc.
Chacune de ces sphères possède sa logique, un comportement lié, des attentes différentes… Ce sont des choses, des milieux qui ne se mélangent pas ou peu. Il est évident que lorsque nous sommes dans la bulle de nos vacances, la vie professionnelle nous paraît bien loin. Coincés dans la bulle du travail, nous fonctionnons différemment qu’en famille. La bulle familiale, quant à elle, ne s’harmonise pas toujours avec celle de nos passions individuelles.
Il y a parfois tant de petites bulles, serrées les unes contre les autres à l’intérieur de la grande, que cela finit par sentir le rang fermé. Il n’y a même plus de place pour notre réalité personnelle, plus de place pour soi.
C’est souvent à ce moment qu’une bulle remplie d’air comprimé explose, faisant voler en éclats d’autres sphères trop rapprochées. C’est alors le début d’une ère « comprimés » durant laquelle nous essayons de regonfler notre moral déprimé, de tout reconstruire et surtout, de nous reconstruire.
Nous avons besoin d’un peu d’air ! C’est tout ce que nous demandons.

Un enfant aussi créé des bulles en grand nombre, mais il ne s’enferme pas à l’intérieur ; il les laisse partir, s’envoler et éclater. Voilà ce qui l’amuse et l’émerveille !
L’enfant ne passe pas son temps dans une glo-bulle à se faire du mauvais sang ; il ne met pas son équilibre psychique en péril dans une funan-bulle.
Prenons aussi exemple sur les bulles de Champagne qui, elles, ne cherchent pas à retenir l’air qu’elles contiennent. Elles montent à la surface, éclatent joyeusement et donnent à la coupe son pétillant.
Il nous faut remonter jusqu’au souffle de l’enfant qui vit en nous, dont l’air nous emplit de simplicité et d’innocence. Ce souffle n’est pas enfermé dans une bulle et lorsqu’il monte à la surface de notre existence, il donne à la vie son vrai pétillant. Sur la balançoire de ce souffle originel, une douce vibration nous emplit la poitrine, comme une caresse débordant de tendresse.
C’est alors que nous nous sentons animés, animés par un air grisant de liberté.

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2 Commentaires le “Champagne, SVP !”

  1. guitard chantal dit :

    tres belles bulles de Roland ,j’en pétille …..et tintina-bulles
    merci

    Réponse

  2. Happy dit :

    Légèreté et Liberté, de quoi AIMER au sens large. Merci

    Réponse

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