Une époque formidable

31 mai 2012

Témoignages

– Pierre Boquié –

Le débat suscité par l’échec de l’entrée en Bourse de Facebook m’a amené à réfléchir aux avantages et inconvénients de l’ère numérique. Une fausse lettre du patron du plus célèbre des réseaux sociaux a circulé sur le net : « Depuis des années, vous perdez votre temps sur Facebook. Vous avez désormais l’occasion d’y perdre votre argent… »
En ce qui me concerne, le risque d’y perdre de l’argent est très faible puisque j’ai fait le choix de ne pas investir en Bourse, considérant la spéculation comme une grande source de désordre dans le monde.
En revanche, pour ce qui est du temps que je consacre à Facebook, je dois reconnaître qu’au début j’en perdais un peu, ne sachant pas trop quoi faire avec ce nouveau média. J’étais attiré comme beaucoup de gens, j’observais mes amis collectionner les amis, je les imitais un peu, mais honnêtement, je ne voyais pas en quoi il pouvait m’être utile. J’ai donc traversé une phase d’observation : apparemment je perdais mon temps.
Et puis, peu à peu, un intérêt plus ou moins conscient a commencé à naître en moi. Je voyais passer de temps en temps, dans mon fil d’actualité, une info intéressante, un beau message, une blague qui vous fait réfléchir, une belle photo, une vidéo que je n’aurais pas été chercher sur YouTube. De temps en temps, je risquais un « J’aime ». Parfois je poussais l’audace jusqu’à « Commenter ». Pour finalement me lancer à « Publier » sur ma propre page.
Comme n’importe quel outil, l’intérêt des outils numériques dépend de l’utilisation que l’on en fait. Si vous avez un objectif précis, vous apprenez peu à peu à en maîtriser l’utilisation. La démarche n’est fondamentalement pas différente de celle de nos lointains ancêtres lorsqu’ils ont imaginé l’avantage qu’ils pourraient tirer de la taille du silex. Je peux certainement affirmer, sans grand risque de me tromper, qu’ils y ont d’abord entrevu la possibilité d’un meilleur confort de vie, avant de penser à la fabrication d’armes de guerre pour attaquer les tribus voisines.
Cette réflexion m’a amené à faire une petite expérience en utilisant les outils fantastiques que nous offre Internet. J’ai voulu savoir quelle était l’audience de la Paix, par rapport à celle de la Guerre, en me basant sur le moteur de recherche de Google et le nombre de pages qu’il trouve sur le web pour ces deux mots. Rien de bien scientifique, juste un petit jeu comme ça pour voir… histoire de perdre mon temps ! Je m’étais souvenu de la réponse de Prem Rawat à une question sur l’intolérance : « Notre seul espoir, selon moi, est que la voix de la paix soit plus forte que celle de la violence. »
En quelques clics, j’ai pu poser le cadre de ma petite expérience. J’ai tout d’abord découvert que nous n’étions que 2,27 milliards d’individus connectés au web. Ce qui montrait bien déjà les limites de l’exercice… J’ai cherché ensuite à savoir quelle était la position de la langue française en nombre de locuteurs dans le monde : elle vient en huitième position. J’ai donc décidé de faire ma recherche dans les huit langues principales qui couvrent environ la moitié de la population mondiale (ouf ! nous sommes encore dans le peloton de tête). M’aidant de Google Traduction, je suis arrivé rapidement à un total de 3 924 milliards de pages pour le mot Paix, contre 5 274 milliards pour le mot Guerre, soit 57 % du total en faveur de cette dernière.
Je suis bien conscient que beaucoup d’autres paramètres devraient être pris en compte pour faire de cette petite expérience, réalisée en une heure à peine, une mesure à peu près fiable de l’audience de la paix dans le monde. Mais à ma toute petite échelle – décisive pour moi-même cependant – je me suis senti conforté dans mon effort d’utiliser les outils qui sont mis à ma disposition pour donner une plus grande audience à la paix.
Lors d’une récente interview qu’il a donnée sur une chaîne câblée au Pérou, Prem Rawat répond ainsi à une question que lui pose la journaliste Cecilia Valenzuela à propos de son intérêt pour les technologies :
« Depuis que je suis très, très jeune, j’ai toujours vu le potentiel qu’il y a dans la technologie. Car l’un de nos désirs fondamentaux en tant qu’êtres humains est de communiquer. Donc l’utilisation de la technologie pour communiquer sur la paix est une orientation tout à fait naturelle. Ce n’est pas la technologie qui peut être prise en défaut, mais l’utilisation que nous en faisons. La technologie peut favoriser la paix ou favoriser les guerres. »
Je suis très heureux que ce soit le sujet qui me passionne le plus. Je peux peut-être me rendre modestement utile auprès de ceux que je croise au détour de mes pertes de temps sur Internet et sans débourser beaucoup d’argent. Car comme Prem Rawat le disais très justement à Cecilia Valenzuela : « Qu’on puisse dire que même si sept milliards de personnes ont comme priorité la paix, nous ne pourrons toujours pas l’atteindre, ça je ne peux pas le croire. »

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