A la croisée des chemins

25 février 2012

Témoignages

– Pierre Boquié –

« Le chemin le moins fréquenté »
C’est un bien beau titre – et intriguant – que celui de ce best-seller de Scott Peck, célèbre psychiatre américain. Hors de tout courant dogmatique, cette brillante analyse des pièges psychologiques dans lesquels nous nous enfermons lorsque nous avons du mal à affronter nos problèmes, ne se contente pas d’en décortiquer les ressorts : elle propose une méthode basée sur la discipline et définit l’amour comme une action et non un sentiment. Il faut renoncer à une part de soi-même pour évoluer psychologiquement et spirituellement. Car Scott Peck fait très peu de différence entre ces deux aspects de l’évolution humaine.
J’ai découvert cet ouvrage dans des circonstances peu banales, à un moment où j’allais affronter ce que le psychiatre appelle une « situation surdéterminée », sorte de carrefour où tout ce que j’avais différé en termes de choix conscients et d’organisation de mes priorités devait me revenir en boomerang.
J’avais déserté, depuis quelque temps déjà, un autre « chemin le moins fréquenté », celui que propose Prem Rawat à la découverte de notre moi le plus intime. J’avais éprouvé le besoin d’aller faire un tour ailleurs, ayant un temps troqué la proie pour l’ombre. Un piège classique mais redoutable. Je n’avais pas su « retarder la satisfaction », j’avais rencontré « la passion et non l’amour véritable », n’avait pas réussi à « maintenir l’équilibre », autres thèmes développés par Scott Peck.
C’est à la fin d’une consultation, qu’un naturopathe m’avait conseillé la lecture de l’ouvrage de Scott Peck, comme pouvant m’aider dans le début de dépression que je traversais. J’avais suivi son conseil et bien m’en avait pris. Cet ouvrage devait devenir mon livre de chevet pendant plusieurs semaines. Il me permit de comprendre, entre autres, que « taire la vérité » est une autre façon de se mentir à soi-même. Qu’assumer sa vérité dans la vie demande du courage et est terriblement exigeant, mais qu’un cercle vertueux s’installe alors : « … l’énergie dont [les personnes] ont besoin pour l’autodiscipline que demande l’honnêteté est bien moindre que celle exigée par le mensonge. Plus on est honnête, plus c’est facile de le devenir encore plus, et, inversement, plus on ment, plus on est entraîné dans le mensonge. »
Enfin bref, j’ai été plongé dans la lecture des ouvrages de Scott Peck, pendant une année entière. Mais, l’anecdote amusante c’est qu’un jour en passant près d’une pile de bouquins entassés dans une pièce de mon appartement, mon regard fut attiré par le titre de celui qui trônait au dessus de la pile et que je traduisis mentalement : The Road Less Travelled. Cela faisait plusieurs mois que j’étais en possession de son édition originale… Il m’avait été offert par une jeune australienne dont j’avais fait la connaissance lors d’un voyage en avion pour me rendre à une conférence de Prem Rawat. « Lisez ce livre, ça devrait vous aider », m’avait-elle lancé au moment où notre appareil amorçait sa descente vers Brisbane. L’exemplaire était passablement défraichi, l’illustration de couverture plutôt mièvre et la perspective de lire en anglais un traité de psychologie avaient eu raison de mon courage.
« Vous êtes l’ange », nous dit souvent Prem Rawat. Vous êtes celui qui doit se consacrer au « culte de la vérité » nous dit Scott Peck. J’avais simplement oublié que j’étais au centre de toute l’histoire, comme celui qui doit agir pour évoluer. Et lorsque je me suis remis en marche, un ange a volé à mon secours, les signes ont plu, tout devint confirmation. Il est si simple de se perdre et si simple de se retrouver.
« Le libre-arbitre est la réalité ultime de l’homme », dit encore Scott Peck. En comprenant cela, j’y étais presque. Il me restait à trouver où cela mène. Et c’est ainsi que j’ai repris, avec courage, mon bâton de pèlerin sur l’autre « chemin le moins fréquenté », celui qui mène « vers la paix intérieure ». C’est d’ailleurs ainsi que sous-titra Scott Peck Plus loin sur le chemin le moins fréquenté, la suite de son ouvrage de référence.
Je reviendrai peut-être un jour sur les écrits de Scott Peck et mon incursion au pays de la psychologie positive, mais je me devais déjà de lui rendre hommage pour le rôle de passeur qu’il joua à un moment charnière de ma vie, où tout pouvait basculer pour le meilleur ou pour le pire.

Le chemin le moins fréquenté de Scott Peck, une analyse

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un commentaire le “A la croisée des chemins”

  1. Corinne Boquié dit :

    Pas mal ton commentaire sur Scott Peck, si je ne l’avais pas déjà lu, grâce à toi d’ailleurs, ça me donnerait envie de m’y plonger… mais qui sait, un jour je le relirai sûrement ! Pour ceux qui ne le connaissent pas encore, cet ouvrage vaut le détour. Oui, la psychologie positive a du bon, non pas dans le style « méthode Coué » mais pour ouvrir nos yeux, élargir notre regard afin de prendre la bonne distance face aux évènements de la vie.

    Réponse

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