Le pouvoir de l’appréciation

17 février 2012

Témoignages

Photo Roland Bec

– Claudia Moreira –

Je suis née dans une ville que l’on surnomme « La ville merveilleuse ». Il fut un temps où Rio de Janeiro n’était pas connue pour sa violence, mais pour la beauté de ses paysages. Avec de nombreuses collines au relief abrupt, cette ville est située dans un cadre magnifique : des plages de sable fin, d’un côté, et des forêts tropicales ayant survécues à l’urbanisation, de l’autre.
Je me souviens de couchers de soleil sur l’océan surplombé par les montagnes ; les grandes marées et les vagues mousseuses ; les gouttelettes d’eau salée projetées en l’air par les rochers, décorant le ciel de dessins de lumière fugaces. Un spectacle exceptionnel.
Quand je suis venu habiter en France, le hasard a voulu que je vienne m’installer dans un village provençal au pied de la fameuse montagne Sainte Victoire. Quelle chance ! Ce massif calcaire avec ses hautes falaises blanches est très différent mais offre une vue tout aussi remarquable. Je la regarde tous les jours, avec ses couleurs changeantes selon l’inclinaison du soleil. Je la trouve majestueuse.
Je me dis souvent que la nature est vraiment belle.
Plusieurs fois, j’ai entendu Maharaji dire que la beauté se trouve à l’intérieur de nous. Personnellement j’avais du mal à être entièrement d’accord. Je me trouvais surtout chanceuse d’habiter des lieux aussi beaux. J’observais tous ces paysages, convaincue que c’étaient eux la source de mon ravissement.
Un jour, roulant en voiture vers mon domicile, je fus captivée par la scène qui s’offrait à moi : la lumière rasante du soleil sur les vignes, tournesols et coquelicots au pied de la Sainte Victoire. Le vent faisait danser les fleurs de gauche à droite, telles des vagues aux couleurs multiples. Les sillons de la montagne, pris par les jeux d’ombres, paraissaient encore plus profonds.
Je me suis arrêtée au bord de la route afin de mieux apprécier ce spectacle et là, soudain, j’ai compris que toute cette beauté existait uniquement parce que j’étais capable de l’apprécier. Les paysages sont ce qu’ils sont, mais c’est le regard que je pose sur eux qui les rend beaux. J’ai reçu le pouvoir de l’appréciation.
Je me suis sentie unie à cette belle symphonie : tout cela m’appartenait en même temps que j’en faisais partie, un peu comme la goutte d’eau se fond dans l’océan.
Et là, dans mon cœur, j’ai senti poindre l’envie de remercier.

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