Le conte des voyageurs, leur âne et les villageois

31 mars 2019

Témoignages

– Pierre Boquié –

J’ai entendu ce conte indien
il y a de nombreuses années
et sûrement étais-je, à ce
moment-là, le récipiendaire
d’une tradition orale qui se perd
dans la nuit des temps.
Cette histoire simple illustre
à la perfection un travers humain
qui n’a pas disparu avec la modernité.

À moi aujourd’hui de jouer les
passeurs et de vous en donner à lire
ma version.

Qui sait, aurez-vous envie
de la conter à votre tour ?

 

Il était une fois un couple qui voyageait en compagnie d’un âne qui transportait leurs bagages et qu’ils tiraient par la bride.
Ils traversèrent un village et les villageois qui les virent passer se moquèrent d’eux : « Regardez ces deux-là comme ils sont stupides ! Ils ont un âne pour les transporter et ils marchent à côté de lui. »
Le mari et sa femme se concertèrent et décidèrent de continuer leur voyage à dos d’âne.
Ils arrivèrent bientôt à un deuxième village où les villageois qui les aperçurent les apostrophèrent durement : « Regardez ces gens comme ils sont cruels ! Cette pauvre bête n’en peut plus sous leur charge, ça se voit, mais ils n’ont aucune pitié pour elle. »
Le couple se concerta à nouveau et le mari descendit de la monture pour marcher à côté.
Poursuivant leur voyage, ils arrivèrent à un troisième village où là les villageois se moquèrent ouvertement de l’homme : « Regardez ce mari comme il est ridicule ! Sa femme se pavane sur la monture et lui doit se contenter de marcher à côté. »
D’un commun accord, la femme et son mari décidèrent d’échanger leurs places.
Lorsqu’ils arrivèrent dans un quatrième village, ce fut au tour du mari de subir l’opprobre de la populace : « N’est-ce pas honteux de voir cela ! Cet homme n’a aucune pitié pour sa femme qu’il oblige à se traîner à pied, pendant que lui trône comme un pacha sur la monture. »
« Tu veux que je te dise, dit la femme à son mari, quoi que l’on décide, il y aura toujours quelqu’un pour trouver à redire. On ne pourra jamais contenter tout le monde, alors oublions le qu’en dira-t-on, faisons comme bon nous semble et poursuivons tranquillement notre chemin en souriant poliment à ces gens. »

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